Respiration, oxygénation et Eczéma
on May 11, 2026

Respiration, oxygène et cicatrisation : pourquoi votre peau a besoin de bien respirer - le lien entre l'asthme et l'eczéma

 

600 millions. C’est le nombre moyen de respirations au cours d’une vie. Autant de fois que nos poumons, si courageux, se remplissent et se vident sans relâche.

La respiration ne demande généralement aucune réflexion. Elle est naturelle. Il suffit d’inspirer, puis d’expirer. Pourtant, ce geste si ordinaire nous maintient en vie en apportant à notre corps l’oxygène dont il a besoin. Pour cause, l’air de notre espace de vie (et de respiration), contient 21% de dioxygène vital pour les êtres vivants.


Sommaire


1 • Pourquoi la respiration est essentielle à votre peau

Le processus respiratoire : comment l’oxygène atteint les tissus cutanés

Lorsque nous inspirons, l’air entre par le nez, descend dans la trachée, puis atteint les bronches, les bronchioles et, enfin, les alvéoles pulmonaires. C’est là que la magie opère. Au niveau des capillaires alvéolaires, l’hémoglobine des globules rouges capte l’oxygène et libère le dioxyde de carbone, qui sera expulsé lors de l’expiration.

Le sang ainsi oxygéné est acheminé vers le cœur. Puis, portés par la circulation sanguine, les globules rouges parcourent l’organisme pour transmettre l’oxygène aux cellules. Nos tissus cutanés sont ainsi oxygénés. Ce processus se répète à chaque respiration, des milliers de fois par jour.


2 • Comment l’oxygène favorise la cicatrisation cutanée

La respiration peut nous apaiser, nous motiver et améliorer notre concentration. Nous respirons lentement pour nous détendre, relâcher le stress et apaiser les angoisses, puis inspirons profondément pour nous lancer et affronter nos peurs.

Mais quels effets l’oxygénation a-t-elle sur notre peau ?

L’oxygène est essentiel à la santé cutanée. Il fait notamment partie des piliers d’une bonne cicatrisation. Au cours de sa vie, la peau peut subir différentes agressions susceptibles de provoquer une lésion. Le processus de cicatrisation se met alors en place afin de lui permettre de retrouver sa fonction protectrice face à l’environnement. Cette réparation tissulaire se déroule en trois phases interconnectées :

La phase vasculaire et inflammatoire (1) La phase vasculaire et inflammatoire débute rapidement après une lésion. Elle vise à combler la perte de tissu et à stopper l'hémorragie. Cela est rendu possible par la formation d'un caillot sanguin, essentiellement composé de fibrine, une protéine solide et filamenteuse qui forme un réseau en toile et bouche la brèche.

Ce caillot se forme sur le site lésé et constitue une matrice provisoire, c'est-à-dire une armature temporaire sur laquelle les cellules pourront s'appuyer pour reconstruire le tissu. L'inflammation permet ensuite d'éliminer les micro-organismes pathogènes grâce à l'afflux de cellules immunitaires qui nettoient la plaie.

La phase proliférative (2) La phase proliférative débute ensuite. Elle vise à remplacer cette matrice provisoire par un tissu de granulation transitoire, riche en nouveaux vaisseaux sanguins et en fibroblastes, des cellules qui synthétisent le collagène essentiel à la cicatrisation.
Ce tissu rosé et granuleux comble progressivement la perte de substance et prépare le terrain pour la phase finale de remodelage.

La phase de remodelage (3) La phase de remodelage constitue la dernière et la plus longue étape du processus de cicatrisation, pouvant durer plusieurs mois, voire plusieurs années. La plupart des cellules présentes dans le tissu de granulation, devenues inutiles, meurent progressivement. Les fibroblastes réduisent leur activité et le derme se remodèle : le collagène provisoire, déposé en désordre pendant la phase proliférative, est peu à peu détruit et reconstruit de façon plus organisée.

C’est précisément à cette étape que les marques définitives apparaissent, selon la façon dont ce remodelage se déroule.

 

Dans le cas de l’acné, si l’inflammation a détruit trop de tissu en profondeur, les fibroblastes n’arrivent pas à combler entièrement le déficit de collagène. La peau se reconstruit alors “en creux”, formant ces cicatrices atrophiques caractéristiques. À l’inverse, si les fibroblastes s’emballent et produisent trop de collagène, la cicatrice se forme “en relief”.

Dans le cas de l’eczéma, les marques ne sont pas vraiment des cicatrices au sens strict. Le grattage répété et l’inflammation chronique perturbent les mélanocytes (les cellules qui produisent la couleur de la peau), laissant des taches claires ou foncées.

La peau peut aussi s’épaissir et se quadriller : c’est la lichénification, mais cela relève davantage d’une adaptation de l’épiderme que d’un véritable remodelage cicatriciel.

 

Hypoxie et retard de cicatrisation

De nombreux phénomènes peuvent entraîner un retard, voir un arrêt de la cicatrisation. Dans la majorité des cas, ils sont liés à une hypoxie locale, c'est-à-dire à une diminution de l'apport en oxygène dans la zone lésée.

Au-delà de fournir l'énergie nécessaire pour répondre aux fortes exigences des processus de cicatrisation (défense antibactérienne, prolifération cellulaire, synthèse de collagène), l'oxygène joue également un rôle central dans la communication entre les cellules.
Il agit comme un chef d'orchestre moléculaire : sans lui, les cellules perdent le fil, ne savent plus quand migrer, quand proliférer, quand s'arrêter.
C’est précisément cette coordination qui explique la succession ordonnée des phases de cicatrisation. À l’inverse, son absence peut déstabiliser chacune d’elles, entraînant un effet en cascade qui peut aller jusqu’au retard, voire à l’arrêt complet du processus.

Une bonne oxygénation est ainsi essentielle au bon déroulement des processus de cicatrisation.


3 • Le lien entre Eczéma et Asthme : vous en aviez conscience ?

La peau atopique est généralement bien vascularisée et ne présente pas de déficit majeur en oxygène, à moins qu’elle ne soit associée à une maladie respiratoire comme l’asthme…

Le terme atopie tire son étymologie du grec atopia : “état de ce qui n’est pas à sa place”. C’est un mot qui résume bien ce dont il s’agit : un désordre immunitaire dans lequel le corps réagit de façon excessive à des substances pourtant inoffensives.

Asthme et eczéma en sont deux manifestations distinctes, mais issues d’un même terrain hypersensible. Lorsqu’elle est défaillante, la barrière cutanée devient poreuse et laisse passer les allergènes : c’est le mécanisme central de l’eczéma. Dans l’asthme, la muqueuse bronchique s’emballe de la même façon. Deux barrières différentes, mais un seul et même dérèglement génétique à l’origine, ce qui explique pourquoi ces deux maladies se retrouvent si souvent chez une même personne.

Le lien entre asthme, hypoxie et cicatrisation – C’est précisément à ce moment-là que le lien avec la respiration devient concret. On l’a vu, l’hypoxie figure parmi les principales causes de retard ou d’arrêt de la cicatrisation.
Or, chez une personne asthmatique, les bronches se contractent et s’enflamment, ce qui réduit le passage de l’air et, par conséquent, l’apport en oxygène dans tout l’organisme.
Cette hypoxie chronique et diffuse ralentit la réparation tissulaire, y compris celle d’une peau déjà fragilisée par l’eczéma. Les deux maladies se renforcent ainsi mutuellement, enfermant le patient dans un cercle difficile à rompre.


4 • Comment protéger une peau lésée et favoriser sa réparation

Que vous souffriez d’eczéma, avec ou sans asthme associé, nous sommes là pour vous apaiser !
La cicatrisation des peaux atopiques est plus lente, moins stable et facilement perturbée par une inflammation chronique, une barrière cutanée altérée et des grattages. Ainsi, pour favoriser la réparation tissulaire, cette peau doit être protégée de l’environnement extérieur. Une compression légère, associée à des matériaux adaptés, peut améliorer l’environnement cutané en créant une barrière protectrice et respirante, une Deuxième Peau, le temps de la cicatrisation.
Elle peut aussi exercer un effet anti-inflammatoire en limitant les grattages, qui endommagent les tissus et freinent le processus de régénération. Elle réduit ainsi le risque d’agressions extérieures et améliore la capacité de la peau lésée à conserver son hydratation.

Cette solution existe déjà.

Les tubes et manchettes Deuxième Peau® intègrent une légère compression pour offrir un effet couvrant et protecteur, tout en garantissant respirabilité, conservation de l’hydratation et confort, dans le respect de la peau de leur utilisateur. À retrouver ici.


En lisant cet article, vous avez contribué à la santé de votre peau en respirant environ 100 fois.

 

Sources

  • Laverdet, B., Girard, D., & Desmoulière, A. (2018). Physiologie de la peau, réparation cutanée et réaction stromale. Actualités Pharmaceutiques, 57(581), 20–23.
  • Mathieu, D. (2018). Oxygène et cicatrisation. Bulletin de l’Académie nationale de médecine, 202(5–6), 1041–1048.
  • Dunnill, C., Patton, T., Brennan, J., Barrett, J., Dryden, M., Cooke, J., Leaper, D., & Georgopoulos, N. T. (2015). Reactive oxygen species (ROS) and wound healing: the functional role of ROS and emerging ROS-modulating technologies for augmentation of the healing process. International Wound Journal, 14(1), 89–96.
  • Lejeune, S. (2025). La marche atopique : anatomie d’une chute ? Perfectionnement en Pédiatrie, 8(4), 259–263.